Cédric Chupin : un artiste aux multiples talents
Chanteur, comédien et danseur, Cédric Chupin est un artiste complet dont le parcours témoigne d’une véritable passion pour la scène et le spectacle vivant. Au fil de sa carrière, il participe à de grandes productions musicales telles que Cats, Roméo et Juliette, Les Misérables, enrichissant son expérience et affirmant sa polyvalence artistique.
Il poursuit aujourd’hui cette aventure avec Le Roi Soleil, dans lequel il interprète notamment Scarron et Colbert, tout en assurant la doublure des rôles de: Louis XIV le Roi Soleil, le Frère du Roi, le Duc de Beaufort et de Mazarin. Nous oublions souvent ce qu’être doublure dans un spectacle représente réellement. C’est un travail considérable, qui demande une préparation constante, une rigueur immense et un investissement aussi bien physique que mental. Mais au-delà de tout cela, il y a une réalité émotionnelle que le public ne soupçonne pas toujours. Être doublure, c’est parfois se préparer à incarner un personnage, se projeter dans ce rôle, s’imaginer monter sur scène… puis apprendre, au dernier moment, qu’il faut finalement en interpréter un autre. C’est accueillir la déception, mettre ses propres émotions de côté et trouver, en quelques instants, la force de se recentrer pour donner le meilleur de soi-même. C’est passer sans cesse de l’espoir à l’incertitude, de l’excitation à la frustration, tout en restant prêt à répondre aux exigences du spectacle. À cette charge émotionnelle s’ajoutent des heures d’apprentissage, une préparation physique exigeante et la nécessité de maîtriser plusieurs rôles avec la même précision, sans jamais savoir exactement ce que chaque représentation réservera. C’est accepter de vivre dans l’imprévisible, de gérer ses propres émotions tout en donnant vie à celles d’un personnage. Un travail de l’ombre pour lequel le public ne s’imagine pas ce qu’il requiert réellement et qui mérite bien plus de reconnaissance que ce que l’on imagine, car n’oublions pas que sans eux les spectacles ne pourraient pas exister.
À travers son parcours, Cédric incarne la passion du spectacle vivant, la polyvalence et l’exigence artistique. Un artiste engagé qui contribue, par son talent et son travail, à faire vivre la magie de la scène et à transmettre des émotions au public.
TPCV: Qu'est ce qui t'as donné l'envie d'intégrer le monde artistique ?
Cédric: J'ai eu la chance d'avoir des parents compréhensifs, en fait il fallait que je fasse du sport parce que j'avais grandi très très vite du coup j'ai tenté du judo puis de la natation et puis j'ai essayé la danse et ça s'est très bien passé. Suite à cela je suis allé au conservatoire au lycée, un bac danse, puis j'ai eu mon diplôme d'état pour être prof de danse Jazz par la suite après le bac. Du coup je peux enseigner dans les conservatoires etc, ensuite en parallèle j'ai chanté pour les 18 ans de ma soeur, j'avais 11 ou 12 ans on m'a dis "olala mais tu chantes très bien" et du coup j'ai fais des concours de chant de mes 11 ans à mes 18 ans. C'est comme cela que j'ai forgé mon côté chanteur, par les concours de chant de variété française dans ma région et même dans tout l'ouest de la France et la danse par mes études, ensuite au bout d'un moment, juste après mon diplôme d'état en poche j'ai fais une audition pour être meneur de revue dans un cabaret ça a fonctionné tout de suite et 2 ans après je me retrouvais premier rôle sur Cats au Théâtre Mogador.
TPCV: Tu es un vrai touche à tout, chant, danse, acting, doublage, mannequinat, y a t'il une discipline ou tu te sens plus à l'aise ?
Cédric: Alors mannequinat j'ai fais très peu, j'avoue que j'en ai fait plus jeune pour des salons de mariages etc, parce qu'on m'avais repéré par les concours de chant ou l'on m'a dit "tu es grand et pas très moche donc let's go viens défiler" (rire) et puis en photo je le fais avec plaisir quand on me demande, mais mon domaine de prédilection reste la voix. Voix chanté et de plus en plus joué, j'aime de plus en plus cela parce que cela fait 12 ans que je fais de la comédie musicale et j'ai envie d'agrandir mes capacités donc je fais un peu de claquettes, bien sûr de la danse, et au fur et à mesure je voudrais pouvoir toucher a tout !
TPCV: Tu as participé à des spectacles comme Cats, Roméo et Juliette et Les Misérables. En quoi chacune de ces expériences t'a t'elle fait évoluer ?
Cédric: Humainement parlant et artistiquement parlant c'est pour moi 2 paramètres a prendre en compte dans ce métier, humainement parlant ça dépend de l'âge auquel on obtient ces rôles, mais par exemple grâce à Roméo et Juliette je suis allé en Chine tout comme avec les Misérables et la j'y retourne bientôt avec le Roi Soleil, on va a Shanghai et la ça va être une autre dimension parce que la on se connaît depuis plus de 1 ans, contrairement aux 2 autres ou j'apprenait a connaître les gens directement en Chine. Il y a aussi les enjeux que cela apporte, la façon dont on savoure la scène différemment avec une excitation de jeune premier à 21 ans quand on a un rôle principal au magnifique théâtre Mogador, ou il y a 3 ans quand on est mis en scène par Ladislas Chollat au théâtre du Chatelet ou la c'est encore une autre envergure mais on a plus la même insouciance. Par contre on est toujours très très heureux et chanceux de pouvoir faire ce métier et d'avoir autant de palettes. Après artistiquement ça donne pleins d'émotions différentes (rires). La peur de se faire remercier quand on est très jeune parce qu'on ne connaît pas ce métier et puis sur Cats par exemple c'était de me dire tout le monde était meilleur que moi un peu comme le syndrome de l'imposteur parce que moi je n'avais pas fait de formation de chant, j'en avait une de danse mais sauf que la j'avais un premier rôle chanté donc c'est un peu stressant. Mais après on commence à avoir plus confiance en soit au fur et à mesure que les projets arrivent, on prend du plaisir et on sait ce que l'on vaut mais pour autant je me remets en question après chaque spectacle que je fais, après chaque expériences que j'ai la chance de vivre, pour moi la remise en question en tant qu'artiste elle est primordiale parce qu'au bout de 12 ans de carrière je pourrais me dire "c'est bon" j'ai eu la chance de faire du Stage Enterainment, des grosses productions, reprises etc, mais en fait à chaque fois c'est quelque chose de nouveau, différent, et plus l'âge avance et plus on le savoure différemment.
TPCV: Comment as-tu appris que tu allais rejoindre l'aventure du Roi Soleil notamment en doublure du Roi ? Quelle a été ta première réaction ?
Cédric: C'était en audition, on chantait le matin et puis on était gardé ou pas, si oui on faisait de l'acting l'après midi, et puis c'était stressant parce que j'étais fatigué vocalement parce que j'étais sur une tournée d'une pièce de théâtre ou j'avais le premier rôle et la veille j'étais rentré a 2/3h du matin et l'audition étais a 9h du matin donc c'était dur et puis en fait quelques jours plus tard on m'a appelé pour me dire que j'étais pris pour jouer Colbert, a la base je n'avais pas Scarron, puis doublure de Emmanuel Moire et puis de Mazarin et Molière. J'étais en rue je me rappelle très bien je rentrait chez moi et j'était très heureux parce que déjà j'adore les nouvelles aventures et je n'avais jamais fait une production Dove Atia et Kamel Ouali (metteur en scène et chorégraphe) et de plus c'était la première comédie musicale que j'ai vue quand j'étais jeune, le Père Noël m'avais offert ça (rires) on était allé a Nantes. Et 20 ans après me retrouver sur scène notamment en Roi c'est une consécration de 20 ans de vie et plus de 13 ans de carrière, et être soutenu par la troupe de sentir une effervescence j'ai aussi eu la chance de doubler le frère du roi, le Duc également, et quand j'ai joué le frère c'était en plein milieu de l'acte 1, Louis Delort ne se sentait pas très bien je jump et il y a des danseurs qui m'ont dit "je n'ai jamais vu ni ressenti ça sur scène" ce souvenir restera gravé dans ma tête a vie parce que ce sont des jeunes danseurs et même les plus anciens ont dis "mais woaw c'est très rare de trouver quelqu'un capable de jumper d'un rôle à l'autre, avoir le culot ou la confiance pour sauter sur scène sans avoir répété quoique ce soit avec la troupe" ces expériences la elles ont tellement de saveur !
TPCV: Que représente cette comédie musicale pour toi, sachant la place qu'elle occupe dans le paysage musical français ?
Cédric: Et bien comme je l'ai dit c'est la première comédie musicale que j'ai vue en tant que enfant/ado et du coup c'est génial de voir chaque soir (ou chaque après midi les samedis et dimanches) le public en larme, en avant scène. Alors au début je trouvais cela peut être trop, mais en fait moi je me rappelle exactement quand je suis allé voir ce spectacle et finalement c'est la même chose parce que je vois des mamans d'une trentaine d'années avec leur enfants qui pleurent et je me dis peut être qu'elle ont déjà vécu cela avec leur parent ou grands-parents et que peut être l'un d'entre eux n'est plus de ce monde, ou pas mais en fait chacun a son histoire avec ce spectacle et c'est ça qui est beau. J'ai invité mes voisins à la couturière donc la première en costume et en fait ils m'ont expliqué que leur ouverture de marige c'était sur "Mon Essentiel" chacun a un souvenir particulier avec cette comédie musicale et c'est pour cela que c'est un bonheur et un honneur de pourvoir être sur ce spectacle !


TPCV: Qu'est ce qui rend cette troupe particulière à tes yeux ?
Cédric: L'humain, on a eu la chance d'être sur les routes et d'avoir des publics fantastiques dans toute les villes. Mais c'est aussi très dure pour les danseurs c'est un spectacle qui demande beaucoup, beaucoup plus de mon coté que du coté chanteur je trouve, vraiment, on est sur un spectacle de danse ou le danseur ne peut pas faire à moitié ni au 3/4 il est obligé d'être à 100% et en fait ça m'a rappeler le spectacle Cats ou on était au bout de notre vie entre guillemets (rires) parce que c'est un spectacle qui ne pouvait pas se faire à moitié, on était à 100% mais très épuisés et là cette année il y a eu des moments ou on est tellement épuisés que l'ont est que vrai, il n'y a plus de filtre, il n'y a plus de masque parce que l'on a plus l'énergie pour ça. Du coup je trouve cela plus honnête, plus authentique et c'est que cette troupe à travers, surtout les danseurs, elle est fantastique, et les techniciens, on en parle pas assez mais ceux qui monte et démonte le plateau et qui sont la avec nous sur chaque show on ne compte pas les heures et les heures qu'ils ont fait pendant 1 an en fait et ils ont été obligés d'être soudés entre eux parce que c'était dur, on a de la chance de faire ce métier mais c'est dur. Et c'est vrai que de les voir unis et vrais c'est que jouissif dans ce métier quand il y a de l'authenticité.