Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc incarne depuis des décennies une figure incontournable du paysage audiovisuel français . Journaliste rigoureuse et chroniqueuse passionnée, elle s'est imposée par son professionnalisme, sa culture impressionnante et son regard toujours affûté sur l'actualité médiatique .
Avec son élégance naturelle, elle traverse les époques sans jamais perdre cette fraîcheur d'analyse qui fait sa signature . Isabelle est " la " spécialiste reconnue des médias, elle décrypte les tendances, anticipe les évolutions du petit écran et partage son expertise et son expérience avec une clarté remarquable !
Sa longévité témoigne non seulement de sa compétence, mais aussi de la confiance que lui accordent ses pairs .
Sa participation à des émissions phares comme " Touche pas à mon Poste " a révélé une autre facette de son talent et de sa personnalité . Spontanée, chaleureuse, capable d'autodérision, elle y apporte une touche de bienveillance et d'intelligence équilibrant ainsi chaque débat .
Elle sait défendre ses convictions avec fermeté tout en restant profondément respectueuse et humaine . Mais au delà de l'écran, elle est aussi une femme de plume, animée par une véritable passion pour l'information . Son parcours inspire par sa capacité à évoluer dans un univers médiatique en perpétuel mouvement .
Présenter Isabelle Morini-Bosc, c'est évoquer une femme de caractère, une professionnelle accomplie et une personnalité authentique qui a su, au fil des années, conquérir le coeur du public par son talent et sa sincérité, et le respect et la confiance des personnalités qu'elle interviewe, par sa franchise et son respect des mots dits !
TPCV : Tu es une figure incontournable du paysage audiovisuel français . Quel regard portes tu sur ta propre évolution depuis tes débuts ?
Isabelle : Aucun, si ce n'est la surprise et la satisfaction d'avoir duré . Quand je regarde en arrière, j'ai commencé au journal VSD en 81 et je n'ai pas vu défiler les années . J'ai la très grande chance d'avoir fait une carrière sans temps mort . J'ai toujours eu cette chance d'être démarchée et de ne jamais devoir démarcher moi-même. Ce qui m'a beaucoup aidé aussi, est le fait que je suis honnête et que je ne me la pète pas ! Cela m'a toujours permis d'avoir un excellent contact avec les personnes que j'interviewais . Que ce soit avec les puissants, parce qu'ils ne m'impressionnent pas ou avec les modestes car je me considère moi-même comme tel. Si pour nous, on a l'obligation de poser certaines questions, pour eux ce n'est absolument pas une obligation d'y répondre !
TPCV: Qu'est ce qui te contrarie le plus lorsque tu fais des interviews ?
Isabelle : Comme je te l'ai dit précédemment, lorsque l'on pose des questions, la personne interviewée a totalement le droit de ne pas répondre à certaines d'entre elles, mais par contre, lorsque l'on nous sollicite, un agent pour un artiste par exemple, on est en droit d'attendre un retour . Il nous faut du contenu, quelque chose qui va intéresser nos lecteurs ou auditeurs . Et cela, si je ne l'ai pas, oui ça me dérange, car on nous a sollicité. Je ne demande pas un scoop, les scoops, ne m'intéresse pas, mais bien un retour qui va justifier notre venue et notre travail . Si je prends l'exemple de Benjamin Castaldi, venu il y a quelque jours pour Isa TV, et bien sans rien lui demander, il a donné et de son temps, et de son talent ! Il a répondu avec une grande franchise à toutes les questions , franchise qui d'ailleurs allait au delà de ce que je lui demandais . Ce fut un bonheur absolu . Tout comme le faisait Delon à l'époque, il n'a jamais éludé la moindre question que je lui posais.
TPCV: Y a t'il eu un moment précis où tu t'es dit : ça y est, je suis à ma place ?
Isabelle : Je ne pense pas m'être jamais dit cela, si ce n'est dans des cas de certaines interviews . Comme par exemple, celle que j'ai faite de Jean-Luc Delarue, qui était un de nos plus grand animateurs producteur, honnêtement ! Quand il a eu des ennuis avec la justice, comme il avait confiance en moi, j'ai eu l'exclusivité . Mais là, il y a toutes les trouilles du monde que des imprévus arrivent, la technique qui me lâche ou autre ..., la crainte qu'il regrette tout à coup de parler, la crainte aussi qu'il en dise trop, car je voulais le protéger . Mon but ne sera jamais de mettre en danger ceux qui acceptent de me parler ! Il faut être capable de se dire: ça, on peut le savoir, mais ça par contre, pas question . Même si on ne nous dit pas le " OFF", on doit soi-même être capable de le ressentir et tout arrêter au bon moment . Et quand tout cela est réussi, alors là, oui . Je me sens utile et à ma place.
TPCV: Que penses tu des médias associés aux réseaux sociaux ? Quel regard ou crainte as tu à ce niveau là ?
Isabelle : Et bien moi même, en tant que interviewée, je suis toujours exaspérée lorsque je vois que bien souvent on sort une phrase dite dans l'interview hors de son contexte. Là, cette phrase devient alors l'élément prioritaire, et c'est dangereux! Nous sommes dans une époque où les gens lisent de moins en moins et ils ne retiennent que cela, cette petite phrase choc . Là, par contre pour en revenir à la question précédente, je ne me sens absolument pas à ma place ! Dans cet univers où l'on enlève le contexte et où l'on balance un petit morceau comme cela ! Je ne l'ai jamais fait en tant que intervieweur, et je déteste qu'on me le fasse en tant que interviewée !
TPCV: Quelle est pour toi la principale qualité d'un journaliste ?
Isabelle : Tout d'abord une bonne base en culture générale, et savoir écouter ! Car souvent, je suis médusée par le côté réducteur et de la pensée, et des termes pour le dire .
TPCV: Chez Cyril tu incarnes souvent la voix de l'expérience et de la nuance . Est ce naturel ou l'as tu construit au fil du temps ?
Isabelle : Alors Cyril je le connaissais de RTL, je regardais les émissions, car tu sais je suis une journaliste média qui regarde vraiment les émissions . Je sais très bien ce que je dois à "Touche pas à mon Poste ", et je trouve particulièrement dégueulasse ce qui s'est passé pour C8 ! Pour l'instant j'y suis un peu moins souvent sur Tout Beau Tout 9, car j'ai eu d'autres occupations, mais je fais toujours partie de leurs groupes . J'ai d'ailleurs toujours exprimé le bien que je pensais de l'émission . Et sur C8 que j'aimais beaucoup, j'étais très très heureuse d'être avec Cyril . J'ai d'ailleurs tout de suite su que cela marcherait sur W9 et la preuve en est! En tout cas, je sais ce que je dois à Cyril, que ce soit en visibilité ou en médiatisation . J'ai rarement vu quelqu'un d'autre que lui qui peut enchaîner 3 heures sur Fun Radio, puis plus de 2 heures sur W9 . A part lui, je ne vois que Julien Courbet qui peut se permettre cette sacré gymnastique d'antenne . Car il ne faut pas oublier que Cyril est totalement en direct ! Alors ce qui me touche le plus chez lui, c'est ce qui se rapporte au handicap . Il y a toujours place pour des fauteuils de handicap ! Cyril a toujours voulu qu'il y ai la possibilité de placer des personnes en situation de handicap . Je me souviens qu'il y a des années, on lui a proposé de lui faire un très beau studio, Cyril a alors demandé si il pourrait continuer à mettre des invités en fauteuil d'handicap et on lui a répondu que non avec ce nouveau décors . Alors il a dit : Alors je ne prends pas le décors ! Il a préféré garder l'ancien pour pouvoir y placer plusieurs fauteuils. C'est quelque chose dont on ne lui sait gré, mais moi comme le handicap a une place dans ma vie, je trouve cela très important et je veux le dire .
TPCV: Comment pourrais tu décrire " Isabelle " en dehors des plateaux ?
Isabelle : Résistante, car quand mon mari est mort, le 7 Mars, cela fera un an, je me suis dit, maintenant il faudra que tu aimes et que tu ries pour deux . C'était un intellectuel, mais en même temps qui avait le sens de la vie . Il bossait beaucoup à l'étranger, il adorait la Belgique comme moi d'ailleurs . On a toujours aimé les mêmes choses, regarder passer la vie, les plaisirs simples . Endurante , le rire , l'humour, l'auto-dérision . Je ne peut pas dire humble, car je voudrais que dans 3 siècles on se souvienne encore de mon nom 😄. La notoriété m'est totalement indifférente, mais j'aimerais bien dans 3 siècles être dans le dictionnaire ou ce qui en tiendra lieu, entre le peintre Monet et Moret- sur- Loing la ville 😄. Me glisser entre les deux et que l'histoire se souvienne de moi, car je déteste l'idée que un jour, le monde tournera sans moi ! Ne pas être connue, je m'en fou ! Je prends le métro, je fais mes courses au Monoprix . Alors oui, on me demande des selfies, mais moi, ça ne me dérange pas du tout ! Souvent on recommence, car ils trouvent qu'ils ont une sale tête dessus alors que la mienne l'est aussi, il y en a même qui se mettent un filtre sur eux et pas sur moi 😄. Je prends beaucoup les transports en commun, mais parce que j'aime ça . J'adore les gens qui passent , j'adore regarder . Je me mets souvent aux terrasses des cafés aussi . Et que l'on me parle, ne me dérange pas du tout . J'espère pouvoir plaisanter jusqu'à la fin . Tu sais, il y a un comédien très célèbre chez nous qui s'appelait Claude Rich , un homme absolument délicieux ! Le jour de sa mort, sa fille s'est allongée à côté de lui pour lui tenir la main . Et il s'est tourné vers elle et il lui a dit : Oh non ma fille, ne t'allonge pas à côté de moi, ça va jaser . 😃Malesherbes, qui allait être décapité, butte sur une pierre en montant sur l'échafaud et là il dit : Ah , mauvais présage, un superstitieux serait rentré chez lui ! D'ailleurs même si je sais qu'on a pas le droit, j'ai dit à mon fils : tu mettras sur ma tombe " A partir de maintenant, je fais le mort ! ".
TPCV: Tu viens de tourner Les Traîtres, qu'est ce qui t'a le plus surprise dans cette expérience ?
Isabelle : Alors moi j'ai adoré, il faisait très froid, j'aime ça, j'aime l'automne et ses branches dénudées . On tournait dans un château , j'adore les châteaux, et leurs murs de plusieurs mètres d'épaisseur . Je me sentais chez moi . Psychologiquement, c'est vrai que c'est super prenant . Quand tu te retrouves en vase clos dans un milieu, le monde se réduit à ce milieu là . Alors en plus, là on te demande de mentir et de juger . Cela m'a très vite fait comprendre qu'il est plus facile d'être un traître que un loyal . Quand tu es loyal, tu es constamment accusé d'être un traître et tu dois tout le temps t'en défendre . Tandis que si tu es traître, et bien c'est plus confortable, car tu as une véritable raison de mentir . Il est bien plus facile de se défendre en mentant quand on est traître que de se justifier constamment quand on est loyal ! Et jusqu'au bout, on se fait des films et on se fait avoir . En plus, même si tu as un don d'observation, tu n'as pas le temps d'observer car le soir, il faut donner un nom et éliminer quelqu'un . Au début tu ne réfléchit pas trop quand tu donnes un nom, car pour toi d'après ton jugement rapide, la personne ne risque rien . Mais plus le temps passe, plus tu commence à devoir donner les noms de personnes avec qui tu partages du temps, ou avec qui tu as été en binôme, et ça, ça devient très compliqué . Au début tu penses que tu as de bonnes intuitions, mais au fil du temps, tu commences à te tromper en faisant tomber des loyaux, et là, tu n'es pas fier ! Alors après le tournage, tu en as qui se sentaient encore un peu traumatisés, mais moi, pas du tout . Je me sens vraiment très contente de l'avoir fait ! Et en plus, j'ai adoré la production ! Parce que on ne pense que aux candidats, mais, on se fait des amitiés durables . La production, elle est super efficace et super bienveillante ! La production a été géniale, moi, j'ai vraiment adoré !