Jérôme de Warzée

Jérôme de Warzée

Jérôme de Warzée est une figure incontournable du paysage médiatique belge . Esprit libre, plume affûtée et regard toujours subtilement décalé, il s'est imposé au fil des années par une parole à la fois impertinente, intelligente et profondément humaine .

Derrière l'humour et la satire, se cache un observateur de la société capable de faire sourire tout en invitant chacun à la réflexion .

Chroniqueur passionné, amoureux de notre langue et des idées, Jérôme cultive l'art de dire les choses avec justesse, élégance et courage . Son ton reconnaissable entre mille, mêle autodérision, un sens critique et une sincère bienveillance . Il est cette voix libre qui bouscule mais sans jamais mépriser, qui questionne sans asséner !

Engagé, curieux et profondément attaché au débat d'idées, Jérôme séduit son public par sa sincérité et son authenticité .

Nous avons le plaisir de vous proposer son interview, un échange qui fût à son image, sincère et stimulant ! Une vrai personnalité dont nous sommes fiers !

TPCV : Te souviens tu du moment précis où tu t'es dit que l'humour allait prendre une vraie place dans ta vie ?

Jérôme : Je devais avoir 8 ou 9 ans, c'est arrivé très tôt . Je me suis vite rendu compte qu'en classe je faisais rire mes petits camarades et qu'alors, il y avait une attention qui m'était portée . Ce que je n'avais jamais eu avant . C'est la seule façon que j'ai eu pour attirer les filles quand j'étais adolescent par exemple 😄. On dit souvent : " femme qui rit est à moitié dans son lit ", mais je n'avais toujours que la moitié 😄.

TPCV : A tes débuts, avais tu déjà cette envie de commenter la société, ou est ce venu avec le temps ?

Jérôme : Alors ça, c'est venu avec le temps . En réalité, moi j'ai toujours été très fan des Inconnus, et donc j'ai toujours eu envie de faire des sketchs 4 murs, ce qui veut dire, des sketchs qui ne s'adressent pas directement aux spectateurs . Ce sont ceux que l'on regarde . Et ce n'est que quand j'ai décidé d'arrêter un peu le métier, que je me suis dit que je ferais bien des chroniques sur l'actualité , puisque là, ça me permettrait d'avoir un vivier inépuisable . J'étais très très fan des chroniques de Stéphane Guillon et Didier Porte sur France Inter . Ils faisaient une chronique tous les jours de 5/6 minutes et je trouvais ça merveilleux . J'ai donc commencé à écrire une centaine de chroniques sur l'actualité, et là, tout s'est enchaîné . On peut dire que mes 5 premières années, je n'étais pas du tout dans l'actualité.

TPCV : Ton humour a t'il changé avec les années, ou est ce plutôt ton regard sur le monde qui a changé ?

Jérôme : Je ne sais pas si mon regard sur le monde a changé, parce que moi j'ai toujours été désabusé . Je pense que c'est un peu ma marque de fabrique . Chaque fois que je vois ou entend une info , j'essaye de la détourner . J'imagine le pourquoi du comment, je m'insurge ou je ris . Je ne la reçois jamais brut . J'ai toujours envie de la triturer tout de suite, je ne sais pas pourquoi .

TPCV : Qu'est ce que Le Grand Cactus représente pour toi aujourd'hui dans ton parcours ?

Jérôme : Au début, je pensais que Le Grand Cactus représenterait pour moi une marche en plus, dans le métier, dans la reconnaissance . Mais je me rends compte , que ce n'est pas une marche, mais tout l'escalier , parce que ça prend des proportions complètement ahurissantes . Et quelque part, parfois ça me fait un peu peur aussi , car c'est vraiment un travail de fou et il faut garder la tête froide !

TPCV : Y a t'il une rencontre ou une collaboration qui a particulièrement marqué ton parcours ?

Jérôme : Le plus important dans ce métier, c'est de rencontrer les bonnes personnes au bon moment ! Moi j'ai eu la chance de rencontrer des bonnes personnes au bon moment . Il y a eu trois femmes qui en fait sont arrivées au bon moment et m'ont permis de monter professionnellement . La première personne qui m'a engagé, s'appelle Fabienne Govaerts , elle était et est toujours directrice d'un théâtre littéraire à Saint Gilles . Elle m'a permis de beaucoup jouer chez elle et m'a appris pleins de choses . Elle a été un peu le déclencheur . Ensuite, j'ai rencontré Patricia Bonaventure , qui elle était directrice d'un théâtre à Koekelberg le Koek's théâtre, bien connu des bruxellois, qui malheureusement n'existe plus car elle est décédée l'année dernière . Elle , m'imposait dans le métier, m'inscrivait dans les Festivals français d'humour, m'a dit d'écrire des pièces de théâtre . Elle m'a vraiment boosté . Et bien évidemment Marie Iker qui est la productrice de la RTBF, qui est la première à me donner ma chance en télé en 2009 , 2010 et puis qui est venue avec cette idée de monter une émission de télévision grâce aux chroniques que je faisais sur Viva Cité . Ce sont ces trois femmes qui m'ont permis de m'épanouir là dedans et elle sont arrivées au bon moment !

TPCV : Qu'est ce que Le Grand Cactus t'a appris sur ton métier que tu n'aurais jamais appris ailleurs ?

Jérôme : Garder la tête froide en toute occasion .

TPCV : Est ce qu'il t'arrive encore d'être surpris avec ce qui fait rire aujourd'hui ?

Jérôme : Chacun à son curseur de sensibilité . Le rire c'est assez personnel. C'est un peu une langue étrangère que tu parles et que ton voisin ne parle pas . Cela dépend à qui tu t'adresses évidemment . Il y a des gens de tout âge qui adorent Le Grand Cactus, et d'autres pas . Et je préfère discuter avec ces gens là, ceux qui n'aiment pas , pour comprendre certaines choses . Car l'humour, c'est ça, c'est fédérer le plus de monde possible .

TPCV : Y a t'il encore quelque chose qui te donne le trac avant de monter sur scène ou de commencer une émission ?

Jérôme : J'ai toujours un peu de mal à avouer cela, mais je n'ai jamais eu le trac . Ni en montant sur scène, ni en m'installant derrière un micro à la radio ou en présentant une émission de télé . Et j'en suis vraiment ravis, car j'en connais beaucoup qui l'ont, et je n'aimerais vraiment pas l'avoir !

TPCV : Où te sens tu le plus épanoui dans ta carrière ?

Jérôme : Alors, quand j'écris, j'adore ça, quand je suis à la radio le matin, j'adore ça. J'aime bien tout en réalité ! Maintenant, rien ne remplace la scène, les rires des gens qui t'arrivent directement, c'est le moment tant attendu . C'est pour cela que je le fais . C'est vraiment le moment : M . C'est sur scène qu'on reçoit le plus .

TPCV : Si demain un jeune humoriste venait te trouver et te demanderait des conseils, que lui dirais tu ?

Jérôme : Je lui dirais de toujours écrire, car tout part de là . Les mîmes, les visuels, tout part de l'écriture . On ne sait rien faire sans une base solide d'écriture . Même un mauvais comédien je pense , si il a un bon texte, va s'en sortir, alors que un très bon comédien avec un mauvais texte ne s'en sortira pas . Un sketch n'est jamais fini .

TPCV : Peut on déjà parler un peu de l'émission spéciale qui se fera à l'ING Arena ?

Jérôme : Pour le spectacle, on va sortir la grosse artillerie ! Les spectateurs retrouveront tous les personnages qui font le succès de l'émission, Donald Trump, Brigitte Macron, la caissière .... On a aussi Giroud et Stotz, les deux français qui seront avec nous et qui sont de vrais bêtes de scène . On est parti pour deux heures de pure folie, ce sera très humoristico musical . On a vraiment hâte d'y être !