Luce Mouchel

Luce Mouchel

Parfois, une interview dépasse le simple cadre professionnel, et c'est exactement la chance que j'ai eu avec Luce Mouchel ! Dès les premières minutes, elle s'est révélée exactement comme on peut espérer une rencontre ou un contact avec les artistes. Incroyable de simplicité, profondément humaine, vive, drôle et totalement présente, Luce Mouchel nous a parlé avec sincérité !

A l'opposé des discours convenus, cette interview fut un partage de paroles sincères et d'écoutes avec attention, tout cela dans une générosité rare. Son regard sur son métier, ou sur les personnages qu'elle interprète, sur le monde qui grouille autour d'elle, tout est empreint de finesse et d'humilité. Luce dégage une énergie chaleureuse, un humour attirant et nous offre un lien véritable .

Cette conversation fut un moment précieux, un échange riche, vibrant, plein de rires, de confidences et de petites lumières qui restent longtemps en tête .

Luce Mouchel, une actrice talentueuse, OUI ! - mais surtout une femme exceptionnelle que j'ai eu un immense plaisir à interviewer !

TPCV : Quel a été le déclic qui vous a fait choisir de devenir comédienne ?

Luce : Il n'y a pas eu de déclic, c'est un long processus qui était là depuis très longtemps . Dès mes primaires, je demandais à mes maitresses et maitres de pouvoir faire des petits sketchs , ou autre ... Je pense que la première fois que j'ai été sur scène, je devais être en CE2 et je faisais un sketch des Frères Ennemis . J'ai toujours eu le sentiment que c'était " mon endroit " .

TPCV: Y a t'il eu une comédienne ou un comédien qui vous a inspiré pour cela ?

Luce : Le pire, c'est que non ( rires ) . J'aurais bien aimé avoir un modèle ! Je n'avais aucune culture ni cinématographique, ni théâtrale. Je venais d'une petite ville et d'un milieu qui n'était pas branché, ni artistiquement , ni concernant le théâtre . Mes parents par contre, aimaient beaucoup la musique et m'en ont fait faire, mais question théâtre, c'était zéro . Donc cette envie artistique, cet instinct, je l'ai eu très très jeune . Même déjà vers mes 4 ou 5 ans. J'avais déjà cette envie soit de m'extraire de la vie réelle, soit de faire mon petit numéro pour m'exprimer .

TPCV : Entre le théâtre et l'acting devant la caméra, où vous sentez-vous la plus épanouie ?

Luce : Dans les deux mon capitaine ! ( rires ) Sans aucun doute, ni aucune distinction, j'aime autant les deux . En plus la série dans laquelle je suis en ce moment, qui est récurrente, je m'y amuse beaucoup, j'ai construit un personnage et il fait presque partie de ma vie en fait . Quand au théâtre, j'en ai fait beaucoup et j'adore ça .

TPCV : Que représente aujourd'hui pour vous votre personnage de Marianne Delcourt et son parcours ?

Luce : Je trouve que c'est un personnage extrêmement important à défendre aujourd'hui, parce que c'est une femme de 60 ans qui a une grande responsabilité , qui vit des choses que l'on pense ne plus vivre à cet âge là . C'est un âge qui peut encore être absolument merveilleux si l'on ne se cantonne pas uniquement aux rides du visage. En plus, elle défend la place de la femme de cet âge dans la société, la possibilité d'avoir encore du désir, des histoires d'amour, de travailler bien sûr, tout en ayant un caractère un peu " chiant " il faut le dire . Mais malgré tout, on l'aime parce qu'elle est profondément humaine, elle est drôle, elle fait rire. Donc, j'aime bien défendre ce genre de personnage à la télévision, parce que il n'y en a pas beaucoup en fait .

TPCV : Avez-vous des points communs avec elle ?

Luce : Oui, parce que je pense que les auteurs se sont inspiré de moi, et moi, je me suis inspirée des auteurs . Je ne pense pas avoir le mauvais caractère de Marianne, mais j'ai le même humour qu'elle, j'ai beaucoup d'humour et j'ai un profond sentiment maternel comme elle. Je suis une vraie mère poule avec mes enfants . Par contre, je n'ai pas sa mauvaise foi. J'ai beaucoup de points communs avec elle, et c'est drôle car j'ai toujours voulu aussi être médecin, c'est un monde qui m'a toujours fasciné . Je voulais être chirurgienne . Alors quand il y a huit ans, on m'a proposé ce rôle, je me suis dit qu'il était hors de question que je dise non à cela ! Je m'éclate car j'ai appris un nombre incalculable de termes médicaux, je suis devenue imbattable en pharmacologie . Et ça me plait beaucoup en fait ! J'y prends beaucoup de plaisir .

TPCV: Pouvez-vous nous parler de votre livre ?

Luce : C'est tout simplement le texte de ma pièce . C'est le texte du spectacle . Beaucoup de gens me demandaient si le texte existait car ils avaient été interpelés par la pièce . Avec le metteur en scène on a donc eu l'idée et l'opportunité de le publier . Et pour moi, c'est une consécration, car je n'ai jamais eu de texte publié.

TPCV : Pourquoi vous êtes vous tournée vers l'écriture ?

Luce : Alors il faut savoir que j'ai commencé à écrire la deuxième partie de mon histoire . La vie des gens, et la vie en elle même, me passionne . Mais il y a eu quand même quelque chose de bien spécial qui m'a fait arriver à cela . C'est la maladie de ma mère qui a eu Alzheimer. Elle est décédée depuis six / sept ans . Et le fait de ne pas pouvoir rattraper toute cette mémoire perdue, m'a donné le besoin de vraiment ancrer la mienne et le partager . J'ai donc commencé par moi petite . Cela faisait en plus très longtemps que j'avais envie de jouer un enfant, car jouer un enfant pour un acteur, c'est un cadeau ! Il ne s'agit pas de le singer ou le mimer, il faut réellement l'incarner . J'ai eu cette envie de convoquer tous mes souvenirs, et ils sont revenus totalement intacts, ainsi que mes sensations d'enfant qui sont restées vraiment vivaces .

TPCV : Aux côtés de quelles comédiennes ou quels comédiens, aimeriez vous jouer ou auriez vous aimer jouer ?

Luce : J'aime beaucoup Florence Loiret Caille qui est pour moi une actrice extraordinaire .

TPCV : Quel serait votre projet le plus fou ?

Luce : Celui que je suis en train de construire ! J'aimerais faire un roman de ma vie. Là, mon spectacle va jusqu'à mes dix-huit ans, ensuite je voudrais poursuivre jusqu'à mes quarante ans et terminer par le vieillissement . J'aimerais pouvoir réaliser l'intégral d'ici trois ans . J'y crois, c'est le projet de ma vie maintenant, tout en continuant DNA , car cela me nourrit, cela me donne de l'enthousiasme pour travailler !

TPCV : Y a t'il des projets dont vous pouvez nous parler ?

Luce : Oui, j'ai un projet au théâtre pour l'année prochaine, qui est d'un auteur qui s'appelle Charles Juliet, décédé l'année dernière . C'est un auteur magnifique, qui a écrit son histoire avec ses deux mères, une génitrice et l'autre adoptive . Il explique par cela, comment sa vocation d'écriture et née dans le drame avec ses deux mères. C'est vraiment une écriture magnifique . On va le créer en région Rhône-Alpes en 2026 et on espère pouvoir par après le jouer très vite à Paris !