Mikaël Mittelstadt
Révélé au grand public grâce à son rôle de Gregg Delobel dans la série à succès " Ici Tout Commence " sur TF1, Mikaël s'impose aujourd'hui comme l'un des visages les plus incontournables de sa génération. Charismatique et engagé, il n'hésite pas à explorer des rôles forts et variés.
Il enchaîne ainsi les projets ambitieux, confirmant un talent en pleine ascension. Il incarne Filip Nikolic, chanteur emblématique du groupe 2Be3, dans le biopic "Filip". Un rôle fort et chargé d'émotion, salué par la critique. Il rejoint également la série " Master Crime " aux côtés de Muriel Robin et Anne le Nen pour sa troisième saison.
Entre drames intimes, polars et récits biographiques, Mikaël construit une carrière audacieuse, portée par des choix artistiques forts et une présence à l'écran toujours marquante.
TPCV: Comment as-tu réagi lorsque tu as appris que tu allais interpréter le rôle de Filip Nikolic?
Mikaël : Tous les gens qui me parlaient de Filip, me disaient qu'il avait une aura, un magnétisme, comme si c'était un véritable aimant. C'était intimidant, j'étais quand même un peu stressé et c'est pourquoi j'ai appelé un de mes anciens prof, qui est coach et je lui ai dit " là, je vais avoir besoin de toi, car il va falloir sortir des retours assez costauds en très peu de temps". Il a lu le scénario et m'a dit que c'était une très bonne idée, et on s'est mis à travailler tout de suite dessus. Alors oui, beaucoup d'intimidation, mais comme je fonctionne au challenge, ça m'a très vite motivé ! Je me suis dit que c'était un nouveau défi à relever.
TPCV: Quel a été ton ressenti en interprétant ce rôle ?
Mikaël : C'est délicat, car pour nous, avec ce film, le but était d'humaniser Filip. De raconter la sensibilité de cet homme, cet artiste qui a eu un destin bouillonnant et tragique. On a délaissé le côté " ressemblance ". Si tu veux, je me suis très vite arrêté de me dire " je vais être Filip ". Je me suis rapproché au maximum du garçon, avec une préparation physique intense. Une préparation dramatique aussi avec mon coach. On a réuni émotionnellement tout ça sans perdre de vue que le but n'était pas de montrer Filip, mais une émotion, ma version de Filip. Je ne me levais pas le matin en me disant, je vais être Filip, mais : " ok, je vais raconter l'histoire d'un père de famille , d'un chanteur, d'un danseur. Je vais raconter l'histoire de quelqu'un qui s'est fait broyer par un système. Quelqu'un qui portait une lumière, qui malheureusement n'était pas trop accueillie de façon adéquate pour qu'elle puisse continuer à briller ". Et c'est grâce à cette idée de distance que je me suis imposé moi, et que j'ai pu m'enlever la pression. Parce que on ne peut pas être Filip, il est " tellement là haut " , qu'on ne peut qu'essayer s'en approcher, mais pas être " lui "! Ce fut donc beaucoup de joie, beaucoup de bonheur et d'honneur aussi. C'était des scènes à du 200% tout comme lui l'était.
TPCV : Qu'as tu préféré dans cette expérience ?
Mikaël : Je pense que cela a été de construire quelque chose avec le réalisateur et toutes les personnes autour. Ici tout le monde a contribué à cette belle aventure. Comme un équipage sur un bateau. Chaque personne avec son travail y a contribué de façon magnifique . Au début tu te demandes comment toutes ces choses vont s'imbriquer dans le projet, et au final tout s'emboîte parfaitement . On fait quand même un métier extraordinaire ! Cela m'a permis de relativiser sur beaucoup de choses en fait .
TPCV: As tu des points communs avec Filip ?
Mikaël : Oui ! Le côté " on y va à fond ". Ce côté très " faisons, on verra après " . La modération peut être parfois optionnelle . De mon côté, c'est d'un modeste niveau comparé à lui. Je me retrouve dans ce côté " jusqu'au- boutiste". Je me suis d'ailleurs entraîné jusqu'à me casser la cheville. On tire sur la corde en fait. Mais encore une fois, lui, c'était un tout autre level !
TPCV: Comment t'es tu préparé pour ce rôle?
Mikaël : Tout de suite, de la musculation pour une bonne condition physique. Parce que c'est par le corps que cela se passait. Du coaching de danse aussi avec Mia Frye, ainsi que du coaching de chant avec Nathalie Dupuis qui coache pour The Voice et qui est extraordinaire ! J'ai aussi pris des cours de souplesse, des cours d'acrobatie, des cours de serbe... Il y a vraiment eu pleins de choses en plus de mon travail personnel avec mon coach. Cela a été des journées très remplies , deux mois de préparation intenses, je n'ai jamais connu ça de ma vie .


TPCV: Les 2Be3 étaient un groupe de Pop, mais toi, quel est ton style musical ?
Mikaël : Moi, j'aime bien tout ! J'ai juste parfois du mal avec le Rap. Je peux me diriger vers du Rock classique ou progressif ou même alternatif, du Jazz ou du Classique .
TPCV: Comment s'est passé ta rencontre avec Sarah Mortensen ?
Mikaël : Sarah, ça a été une évidence artistique et humaine ! On a la même vision du travail . Dans le sens, " on met les mains dedans, et on y va jusqu'au bout ! ". Elle aussi, a ce côté " jusqu'au- boutiste" . Et ça fait vraiment plaisir de voir que tu vas partager tes scènes et ton intimité avec quelqu'un qui met la barre aussi haute que toi . Si il n'y a pas un minimum de connexion, de complicité , d'alchimie entre les deux humains, ça devient compliqué. Ce sont des choses qui doivent venir d'elles même, on ne peut pas travailler ça. Je peux dire que jusqu'à aujourd'hui, j'ai été extrêmement privilégié dans mes partenaires .
TPCV : Avez-vous d'autres projets en commun ?
Mikaël : Pour l'instant, non pas du tout. Pour ma part, je serais extrêmement honoré de partager un nouveau projet avec elle, que ce soit au théâtre ou devant les caméras.
TPCV: Quel est selon toi la plus grande qualité du métier de comédien ?
Mikaël : Tu as quatre heures devant toi là ? ( rires ) Il y en a tellement ! Il y a un très grand coach américain décédé malheureusement aujourd'hui, qui a réussi à canaliser quatre muscles de l'acteur. Il s’appellait Harry Mastrogeorge.
En premier : l'inventivité et l'innocence d'un enfant, en 2: la vulnerabilité, à quel point tu peux être atteint par les choses, les situations. C'est pour ça que pour moi, l'empathie est très importante pour un acteur . En 3, vient l'imagination évidemment, la capacité à s'imaginer des choses et y croire. Et la quatrième, est ce que j'ai le moins et dont je ne me souviens plus ...
TPCV : As-tu de futurs projets dont tu peux nous parler ?
Mikaël : Là, le dernier projet c'était : " Master Crimes ".
TPCV: Vas y racontes nous .
Mikaël: (rires) Alors, je débarque fraîchement dans la saison 3, je serais la nouvelle recrue de la professeur Arbus, interprétée par Muriel Robin. Les auteurs ont créé l'épisode 4 en huit clos, ça se passe en un seul décors et j'ai trouvé ça génial, on s'est beaucoup amusés et j'espère que cela va vous plaire.
TPCV: Et Muriel Robin ?
Mikaël : Alors Muriel Robin face au travail, c'est très noble, très honorable, donc c'est vraiment facile de travailler avec elle. Il faut savoir que j'ai été formé dans un conservatoire américain et là c'est " travail, travail " de 9h à minuit. Ils ont un rythme vraiment intense que je reproduis dans ma manière d'évoluer. Et cela, je l'ai vraiment retrouvé chez Muriel Robin. Elle doit sortir de ses trucs à elle . En plus, prendre la posture d'un professeur et parler comme tel, c'est difficile et Muriel a au moins deux speechs comme ça par épisode et vraiment elle y arrive, c'est énorme ! Elle est très impressionnante et inspirante et c'est une grande chance que de partager l'écran avec des comédiens comme ça . En plus elle m'a accueilli les bras ouverts et m'a fait sentir à l'aise de suite. Et pour Anne le Nen, c'est pareil, les deux fonctionnent vraiment comme un binôme . Elles sont toutes les deux autant bienveillantes que exigentes dans le travail . Toutes deux ont une dynamique et une complicité que je souhaite à chacun au moins une fois dans sa vie , car c'est vraiment très beau !
