Mikaël Mittelstadt

Mikaël Mittelstadt

Comédien talentueux, Mikaël Mittelstadt s’est fait connaître du grand public, notamment grâce à son rôle de Greg Delobel dans la série Ici tout commence, qui lui a permis de toucher de nombreux téléspectateurs.

Aujourd’hui, il poursuit son parcours artistique en explorant de nouveaux horizons et retrouve les planches avec "Tailleur pour dames", la célèbre pièce de Georges Feydeau. Dans cette nouvelle adaptation mise en scène par Julien Alluguette, il incarne le docteur Moulineaux, un homme dont les mensonges vont rapidement provoquer une succession de quiproquos et de situations aussi absurdes qu’hilarantes.

Présentée au Théâtre de la Madeleine, à Paris, du 5 novembre 2026 au 10 janvier 2027, cette version revisite le vaudeville de Feydeau dans une ambiance inspirée des années 1970, mêlant énergie, couleurs pop et sonorités disco.

À travers cette interview, nous vous invitons à découvrir Mikaël Mittelstadt autrement, à travers son parcours, sa passion pour son métier et cette nouvelle aventure théâtrale qui l’attend.

TPCV: Mikaël, tu vas bientôt monter sur scène dans "Tailleur pour Dames", une pièce qui demande beaucoup d'énergie et de rythme. Qu'est ce qui t'a immédiatement séduit dans cette aventure théâtrale, et qu'as tu envie de faire ressentir au public lorsque le rideau se lèvera ?

Mikaël: Alors, tout m'a séduit dans cette aventure. Pour la petite histoire, j'ai joué au théâtre l'année dernière et l'année d'avant dans un "Alfred de Musset" (poète et dramaturge français) qui est une autre couleur. Je faisais le héros romantique qui meurt à la fin, il n'y avait pas vraiment d'humour dans cette histoire. Et au bout de la 80ème ou 90ème représentation, ça devient lourd de mourir à chaque fois. Et c'est vrai qu'il y a eu un soir où j'étais un peu plus fatigué que les autres, même si ce n'était que une heure quinze et que ça a été une expérience que j'ai adoré. J'y retourne quand ils veulent, mais il est vrai que c'est un peu épuisant (rires). Quand je suis rentré ce fameux soir je me rappelle avoir dis à ma copine "vivement un Feydeau", parce que justement c'est vraiment l'inverse, tout est dans le rythme, la comédie, le timing, ça donne la banane on sourit et c'est léger. Quand j'espérais cela, c'était en novembre l'année dernière. Puis trois mois après, j'apprends le démarrage de ce projet et j'ai vraiment eu l'impression de l'avoir manifesté (rires). C'est aussi un rêve de gosse parce que l'une de mes première expérience au théâtre c'était en 2011 "le Fil à la patte" de Jérôme Deschamps à la comédie française et je rêvais déjà à ce moment là de faire un Feydeau, même si ce n'est pas du tout mon habitude d'être un acteur comique. C'est la première fois que je vais faire ça. Donc c'est un peu flippant, mais le challenge est attrayant et le petit gamin en moi est surexcité parce que je me rappelle qu'on était allé voir cette pièce deux où trois fois. Je l'ai d'abord vue à la télé et puis en vrai et c'est formidable. Ce qui est important notamment dans Feydeau c'est de le travailler en tant que groupe, et là l'avantage, c'est qu'on se connaît parce qu'on à déjà partagé une grosse expérience ensemble, on a une belle complicité entre nous parce qu'on a eu "Ici Tout Commence" qui nous lie. Même si on ne s'est pas croisé à cette époque pour certains, on reste lié par "ITC". Donc je pense que cela va constituer à créer un spectacle vivant avec beaucoup de complicité et on espère que cela sera contagieux et que le public repartira avec le sourire et de la légèreté dans le coeur.

TPCV: Tu as connu "Ici tout Commence", et te voilà aujourd'hui dans une aventure théâtrale avec plusieurs visages familiers de la série. Est ce que le fait de les retrouver sur scène change ton regard sur eux en tant que comédiens ? Et as tu découvert chez certains une facette que tu ne connaissais pas ?

Mikaël: C'est chouette parce que ça a un côté "same". On retrouve l'énergie, la fougue qu'on avait en débarquant sur cette série et elle se décline bien dans un Feydeau. Celle avec qui j'ai déjà beaucoup accroché c'est Virginie Caliari, on s'entend déjà bien de base mais alors, lors de la lecture on a touché à quelque chose et c'était très galvanisant. J'ai vraiment hâte! C'est quelqu'un de formidable avec beaucoup d'humour et un très grand coeur, elle met beaucoup de passion dans ce qu'elle fait et je trouve cela très important. Et puis j'ai découvert Maxym Anciaux que je ne connaissais pas et que j'ai rencontré à la lecture. C'est un comédien formidable avec un sens de l'humour exceptionnel, il me fait mourir de rire ce garçon (rires). Je suis très heureux de retrouver Fabian Wolfrom aussi que j'admire énormément comme comédien, en bref je ne suis que des plus heureux de retrouver toute la troupe !

TPCV: La comédie est un exercice particulièrement exigeant: il faut faire rire sans jamais forcer. Quelle est, pour toi la plus grande difficulté lorsqu'on veut vraiment faire rire un public en direct ?

Mikaël: Je demandais justement il y a quelques jours à Thaïs Vauquières l'humoriste et comédienne avec qui je travaille sur "Master Crimes" si quand on monte sur scène (en tant qu'humoriste) on se pose la question "il faut faire rire ?" et elle m'a répondu "un peu quand même". Personnellement, je ne pourrais pas être humoriste, même si j'ai un profond respect pour ces créatures (rires). Je dis ça d'une créature à une autre évidemment ! N'ayant jamais fait de comédie à proprement parlé, j'imagine qu'on se dit un peu la même chose de moi. Mais je pense qu'il faut arriver à s'en détacher, parce que c'est une règle en impro. Plus on essaye de faire rire, moins on fait rire. Après, l'avantage de Feydeau c'est que ce qui fait rire ce sont les situations et moins les vannes. Donc on est finalement un peu protégé par cela, car si on joue la situation à fond, en théorie ça devrait prendre, parce que l'auteur sait ce qu'il fait. Donc je pense qu'il ne faut pas trop penser à faire rire et plutôt penser à la situation.

TPCV: Au théâtre, contrairement au tournage, il n'y a pas de deuxième prise. Est ce cette part de risque, cette rencontre immédiate avec le public, qui t'attire particulièrement ?

Mikaël: Effectivement, c'est un bon point. J'avais eu un débat avec une de mes meilleurs amies qui est réalisatrice ou elle prétendait que le comédien au cinéma, ou la télé peut prendre plus de risques, parce que justement il a des prises. Mais moi, j'étais respectueusement en désaccord avec ce qu'elle disait, parce que je pars du principe que si l'on sait qu'il y a plusieurs prises, ce n'est plus vraiment du risque, c'est plus une formalité ou une obligation. Mais ce n'est pas un risque puisque l'on sait que derrière, on peut le refaire, sauf contrainte de temps ou sur une quotidienne. Là, c'est un peu plus de risque si l'on fait perdre du temps à tout le monde, mais cela reste rattrapable. Alors qu'au théâtre, la notion de risque a beaucoup plus de sens, d'où notre travail préparatoire, il faut que l'on travaille beaucoup pour que ce soit irréprochable et se laisser aller à quelques éclairs d'impulsivité si on le sens. Après, pas besoin de prendre un risque pour être stressé, le fait de jouer au théâtre de La Madeleine est suffisant (rires).

TPCV: Tu as déjà incarné des personnages très différents. Y a t'il une facette de ton métier de comédien que le public ne soupçonne pas encore et que tu aimerais justement lui faire découvrir avec "Tailleur pour Dames" ?

Mikaël: Je pense que ce serait la notion de travail de manière générale. On fait partie de ces nombreux métiers où quand c'est bien fait on a l'impression que c'est facile. Je pense aux acrobates, aux danseurs, aux artistes en général. Quand on voit des choses qui sont exécutées avec une maitrise presque immaculée, on a l'impression que c'est facile. Et je pense que surtout pour un Feydeau, on doit travailler, on ne peut pas se permettre de donner le stricte minimum. Si on ne s'est pas préparé, qu'on y a pas mis les heures, qu'on est pas fatigué alors c'est qu'il y a un problème. Je pense que le public ne soupçonne peut être pas assez tout le travail que cela implique, ce n'est pas une question de talent ou de facilité, c'est une question de travail et en France on a un peu de mal avec cette idée la. Aux Etats Unis, c'est leur culture tout comme en Allemagne. Et en Angleterre n'en parlons même pas, c'est LE contrexemple parfait, c'est même encore plus qu'aux Etats Unis. Mais en France, il y a un soucis avec le fait de travailler, de mettre de l'effort, cela peut vite être vu comme être un chieur ou un fayot. C'est vraiment des images que l'on calque sur les acteurs qui mettent de l'effort dans leur travail, alors qu'aux Etas Unis, c'est mis en valeur. Donc si on arrive à remettre un curseur sur cette notion de travail, je serais content.

TPCV: Sur scène, la troupe devient presque une petite famille. As tu déjà vécu, pendant les répétitions, un moment totalement imprévu qui t'a fait te dire "cette pièce va être une aventure formidable".

Mikaël: Oui, on a eu des lectures ensemble où l'on sent que tout le monde est très heureux de ce projet et c'est un honneur immense de pouvoir faire du Feydeau dans un théâtre aussi somptueux que celui de La Madeleine. On est tous conscients de cela, ce qui fait que l'on donne tout, on veut vraiment marquer le coup. On a eu déjà quelques fous rires pendant les lectures et je pense vraiment qu'il faudrait que l'on se tienne parce qu'au début on va être tellement heureux qu'on aura du mal à se concentrer je le sens venir (rires). Mais cela fait partie de l'aventure donc on est vraiment très contents.

TPCV: Tu vas retrouver Muriel Robin et Anne Le Nen pour cette nouvelle saison de "Master Crimes". Qu'est ce qui te fait particulièrement plaisir dans le fait de retrouver cette équipe et ces personnages ?

Mikaël: Alors déjà le fait de tourner avec des comédiennes comme Muriel Robin et Anne Le Nen qui sont plus qu'accomplies à ce stade. Ce sont des expertes professionnelles dans leur domaine. Elles sont extrêmement bienveillantes envers nous les jeunes de la série. Je le disais justement l'autre jour à Muriel, elle est avec nous un peu comme elle est avec ses élèves dans la série sans la mauvaise fois. Elles s'intéressent à nous, elles sont extrêmement patientes et professionnelles, à la fois. Elles sont des modèles et en même temps je sais que l'on peut leur parler de toutes nos craintes, ou si on ne se sent pas bien. Ce sont vraiment des partenaires de jeux exceptionnelles, et à ce stade, c'est vraiment un cadeau. En plus, cette année il y a eu une grosse crise de l'audio visuel où beaucoup de projets ont sautés et beaucoup de personnes n'ont pas travaillé. Cela a été très compliqué et le fait d'avoir la chance de repartir avec cette nouvelle saison, les gens sont très très heureux et cela se ressent vraiment sur le plateau.

TPCV: Une nouvelle saison permet d'aller plus loin dans les relation entre les personnages. Est ce que le tient t'a surpris cette fois-ci, ou t'a t'il révélé une facette que tu ne connaissais pas encore ?

Mikaël: Oui, principalement par les circonstances qui vont lui arriver, parce qu'il va y avoir deux trois bricoles qui vont lui tomber dessus. Il va aussi gagner en maturité, derrière ce garçon un peu fragile et instable, on va découvrir un jeune homme qui pose ses marques et s'assume en tant que "qui il est", ce qu'il avait déjà essayé d'amorcer avec son père dans la saison trois. Mais là, il va consolider cela face à certains évènements qui vont être assez marquant pour lui et qu'il va devoir gérer. Il va également renforcer ses relations avec les autres jeunes, notamment une certaine amitié avec l'un des personnage qui est assez touchante. Donc les choses avancent et il grandi comme nous tous.

TPCV: Partager l'écran avec Muriel Robin et Anne Le Nen est forcément une expérience particulière. Qu'est ce que tu as appris à leurs cotés, humainement ou professionnellement, que tu gardes précieusement ?

Mikaël: Le fait d'être gentil ! Tout le temps. Oublier le côté pro et toujours se montrer gentil. Muriel nous parlait de certaines routines qu'elle a et l'une des choses auxquelles elle pense, c'est le fait de faire le bien. Il y a pleins de petites anecdotes qui peuvent témoigner de cela, par exemple, en saison trois on était sur le plateau, il n'y avait pas beaucoup d'espace parce qu'il y avait beaucoup de techniciens et je crois que c'était l'une des habilleuses qui est face à Muriel, et elle n'a pas vu un technicien qui arrivait dans son dos. Ils se sont un peu bousculé. Et là où Muriel (ou n'importe qui d'autre) aurait pu dire "faites attention", elle les a tout de suite rassuré en leur disant "ne vous inquiétez pas, vous ne pouviez pas vous voir, ça arrive. Vous ne vous êtes pas fait mal ?". C'est tout bête comme anecdote, mais c'est là que tu vois le respect qu'elle a pour les autres. Elle aurait pu réprimander l'un ou l'autre et au lieu de cela, elle a tout de suite vérifié que personne n'était blessé et les a rassuré. C'est tout bête, mais je me suis vraiment dit "woaw" il y a vraiment une leçon là dedans, et en plus de cela, que ce soit Muriel ou Anne, elles connaissent les prénoms de tout le monde, elles saluent tout le monde, c'est vraiment précieux surtout dans ce métier!

TPCV: Si tu pouvais réunir en une seule soirée les émotions du théâtre, le plaisir d'un tournage et tout ce que ton métier t'apporte aujourd'hui... qu'aimerais tu que le public retienne de Mikaël Mittelstadt, au delà des personnages qu'il voit à l'écran ou sur scène ?

Mikaël: Alors ça, c'est une très très bonne question. On part toujours de la joie. Sans la joie, c'est compliqué de faire avancer les choses. Et je pense que si l'on peut partager cela de par notre métier, cela apportera des moment de joie dans notre vie. Je garde cette phrase souvent dans ma tête parce qu'elle est vraie, elle est de Claudel "C'est la joie seule, et non point l'acceptation de la tristesse, qui apporte la paix". Je ne dis pas que l'on ressent de la joie tous les jours, mais les moments où l'on ressent de la vraie joie, ça vaut le coup, ça fait avancer les choses, je pense que sans la joie, la vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue.

TPCV: As tu des projets dont tu peux nous parler ?

Mikaël: Pas vraiment, il y a un truc pour l'année prochaine mais, c'est un peu secret. Ce n'est pas encore sûr et donc je ne peux pas en parler. Mais comme disent les anglais, "Things are cooking".