Théo Fernandez

Théo Fernandez

Théo Fernandez est un jeune acteur français que l'on a pu découvrir dans " Les Tuche", mais qui a également relevé le défi d'incarner un des personnages emblématiques de la bande dessinée: Gaston Lagaffe, qu'il a interprété avec humour et originalité. Théo Fernandez peut aussi bien avoir un style spontané qu'attachant. Par ses choix variés en matière de rôles, il nous montre sa véritable curiosité artistique ainsi qu'un engagement sincère dans son métier. Tout cela fait de lui aujourd'hui, l'un des visages les plus prometteurs de sa génération. Nous sommes très fiers qu'il ait accepté de répondre à nos questions avec autant de gentillesse.

TPCV: Qu'est ce qui t'a donné l'envie de devenir comédien ?

Théo: C'est assez étrange, mais aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu être comédien. Depuis tout petit, j'en exprimais la volonté. Je disais" Je veux être en DVD !" C'était ma manière à moi de dire: " Je veux faire du cinéma ! ". Je devais avoir trois ou quatre ans. Du coup j'ai commencé à faire du théâtre à cinq ans.

TPCV: As- tu un ou une mentor(e) ?

Théo: Pas vraiment, mais le réalisateur de mon premier film, Fouad Benhammou, m'a fait découvrir ce qu'était un tournage, car moi, je n'étais qu'un enfant. En plus, ce premier film, c'était un film d'horreur ! Ça aurait pu me rebuter, mais non: grâce à sa gentillesse et à sa bienveillance, ça n'a absolument pas été le cas. Alors peut- être qu'on peut dire qu'il a un peu été mon mentor. Et je peux aussi ajouter le réalisateur des "Tuche", Olivier Baroux, qui a toujours été extrêmement gentil avec moi !

TPCV: Quel serait le rôle que tu rêverais d'interpréter ?

Théo: Moi, je suis toujours très content des rôles que j'interprète, car ils sont souvent très ambigus: ils ne sont jamais complètement méchants ou gentils. Je n'aime pas jouer les héros que tout le monde aime, parce que je trouve que ça n'existe pas dans la vie. Un rôle que j'aimerais bien interpréter serait celui d'un méchant, quelqu'un qui ne fait pas l'unanimité, mais lorsqu'on fait l'effort de comprendre son passé, on réalise que ce n'est pas quelqu'un de si méchant que ça. Ou du moins, quelqu'un qui a fait ce qu'il a pu avec ce qu'il avait. Ce serait un rôle comme celui- là, pour éveiller les consciences.

TPCV: As tu d'autres passions ?

Théo: J'aime bien l'informatique, j'aime bien encoder, et j'aime aussi l'entrepreneuriat. J'aime créer, lancer des projets, les bousculer aussi !

TPCV: Avec quel acteur ou actrice aimerais tu jouer un jour ?

Théo: Jack Nicholson. Quand je joue avec quelqu'un, il y a le regard de l'autre qui te pénètre, et Jack Nicholson, il a un regard très intense. Ça joue beaucoup sur ce que tu peux rendre ! C'est comme au tennis ou au ping-pong : plus on te renvoie la balle fort, plus tu peux la renvoyer fort. Alors j'aimerais bien jouer avec quelqu'un de très intense dans le regard, pour pouvoir, moi aussi, peut être lui renvoyer la pareille. Donc oui, Jack Nicholson !

TPCV: Avec quel réalisateur ou quelle réalisatrice souhaiterais tu un jour tourner ?

Théo: Moi, j'aimerais beaucoup travailler avec Tim Burton ! Je regarde ses films depuis que je suis tout petit et c'est un univers qui me parle énormément. Je ne sais pas pourquoi, mais ce sont des films qui me faisaient me sentir très en sécurité quand j'étais enfant, et j'ai toujours eu l'impression d'être très proche de son univers. J'aimerais bien tourner avec lui, être dirigé par lui et apporter ma patte à son monde. C'est quelque chose qui me ferait très plaisir !

TPCV: D'où t'est venue l'idée de créer ton école de théâtre à distance ?

Théo: Je me disais que c'était dommage que seules les personnes ayant les moyens de tout quitter pour aller à Paris puissent se permettre de faire des écoles de théâtre, qui coûtent souvent très cher. Par exemple, moi, je suis né à Toulouse, mes parents sont de classe moyenne, et j'ai eu beaucoup de chance : une succession d'événements m'a emmené en banlieue parisienne à faire du théâtre et à être repéré. Mais tout le monde n'a pas cette chance. Je me suis donc dit que si on offrait cette opportunité à davantage de gens, on verrait émerger de nouveaux talents . J'ai donc décidé de faire des tests, de coacher des personnes à distance, et j'ai remarqué que, du point de vue de l'acting et du casting, il y a une partie qui peut vraiment s'apprendre en ligne. Bien sûr, une partie s'apprend en présentiel- pour cela, nous avons des studios à Paris - mais une grande part peut se faire à distance . Cela permet à la nouvelle génération d'acteurs de ne pas tout quitter pour ça. C'est un métier tellement aléatoire tu peux tourner pendant trois mois, puis plus du tout pendant un an - et ce, à toute échelle ! Je trouve donc qu'il ne faut pas pousser les gens à tout abandonner. Moi, j'essaye de créer un espace où ils peuvent continuer leur vie, leurs études, tout en apprenant et en tentant leur chance.

TPCV: Quel est pour toi le conseil le plus important à partager avec tes élèves ?

Théo: Le plus important, c'est de s'amuser ! De prendre du plaisir. Comme c'est un métier d'image, on se demande souvent: " Comment faire cette scène ? Quelle émotion dois-je montrer? " On se pose toutes ces questions en pensant à un public imaginaire : " Tiens, qu'attend-il de moi ?". Mais le premier public, c'est soi-même. Quand on est soi-même touché - quand on rit ou qu'on pleure -, le public l'est aussi. Il faut chercher à être soi, à s'amuser ! Je dis toujours: " Il y a des entraîneurs qui vous diront : entraînez -vous jusqu'à épuisement ; moi je dis: entraînez vous jusqu'à l'amusement ! " Au début, on cherche toujours à " bien faire ", à jouer " comme dans les films " Mais quand on arrive à lâcher prise et à s'amuser, c'est là qu'on touche juste.

TPCV: Peux tu nous expliquer comment cela se passe pour ceux qui souhaitent entrer dans ton école ?

Théo: L'école est sur candidature. Il faut postuler en ligne sur le site, répondre à pas mal de questions, puis réserver un appel avec un responsable des admissions. La visio dure environ une heure, une heure et demie. Ce n'est pas évident, mais possible ! Et pour ceux qui veulent d'abord tester, ils peuvent venir directement aux studios, au 14 Boulevard Saint-Germain à Paris. Ils réservent un créneau, viennent tourner, c'est gratuit: ils se font coacher et repartent avec leurs images. Ça leur donne un avant goût de ce que c'est . La candidature est d'ailleurs plus simple après être venus aux studios. On filtre beaucoup sur la motivation: ce ne doit pas être une décision prise sur un coup de tête, mais bien un choix réfléchi.

TPCV: As tu des projets futurs dont tu pourrais nous parler?

Théo: Oui, bien sûr. Il y a la saison 2 de Erica sur TF1, qui est toujours en tournage, la saison 3 de Stalk qui est déjà tournée et sortira bientôt, et puis d'autres projets... mais ça, je ne peux pas encore en parler !